Histoire, les Restaurations Contemporaines

Situé sur un éperon rocheux entre les vallées de l’Ante et du Marescot, autrefois entouré de marécages, le château Guillaume-le-Conquérant de Falaise implanté dans des conditions naturelles de défenses idéales, domine la ville.
Témoin de la puissance des ducs-rois anglo-normands, cette place forte, édifiée dans son ensemble au XIIe et XIIIe siècles s’inscrit dans la lignée des châteaux construits par Guillaume le Conquérant et ses successeurs après la conquête de 1066.
Ces donjons-palais sont les rares exemples d’architecture médiévale à associer les fonctions militaires et résidentielles. Peu modifié pendant les siècles qui suivent sa construction, le château devenu indéfendable est laissé à l’abandon à partir du XVIIe siècle. Menacé de destruction, en état de ruines, c’est à partir de 1840, avec le classement de l’édifice aux Monuments Historiques, que les projets de conservation et de préservation apparaissent. D’ambitieuses campagnes de restauration voient le jour et c’est en 1997, après de longues années de réhabilitation, que les donjons ouvrent leurs portes au public.
Magnifiquement restauré, ce lieu incontournable de l’histoire de France et d’Europe s’impose aujourd’hui comme un élément majeur du paysage touristique régional. Il s’inscrit, avec les monuments de Caen et Bayeux dans l’Espace Guillaume le Conquérant
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La restauration des donjons

Les donjons du château de Falaise ont connu deux grandes périodes de restauration. L’une menée par Ruprich Robert, élève de Viollet-Le-duc, au XIXe siècle. L’autre plus récente, également dirigée par un architecte des monuments historiques : Bruno Decaris. Un troisième programme est en cours : la restauration de la Haute-Cour s'est achevée en 2004, et celle des remparts de l’Enceinte.
Les deux interventions réalisées sur les donjons sont de nature différente :

Le sauvetage du XIXè siècle

La campagne de restauration menée par Ruprich Robert de 1860 jusqu’en 1911 à plusieurs objectifs. L’état de délabrement dans lequel se trouvent les donjons appelle dans un premier temps un travail de sauvetage.

La façade Est est en partie tombée, les voûtes de la chapelle sont détruites, les toits et les planchers, ont disparu ; les baies romanes sont très abîmées ; le sommet de la tour Talbot menace de s’effondrer. Afin de préserver ce qui subsiste mais aussi redonner aux donjons une partie de leur splendeur passée, Ruprich Robert va entreprendre un lourd travail de déblaiement des gravats et de restauration du bâti. Dans le but de rétablir la circulation dans les donjons, il va également aménager des galeries le long des murs.
L’entreprise est de taille et va s’étaler sur quelques décennies mais par manque de crédits l’architecte ne peut mener à bien la totalité des restaurations. Ses interventions permettent néanmoins de sauver le site de la ruine et rend possible l’accès des visiteurs dans les donjons

Le temps comme la seconde guerre mondiale vont, à nouveau, profondément endommager les bâtiments et lorsqu’une nouvelle restauration est envisagée au XXe siècle les donjons et les remparts sont dans un triste état.

La réhabilitation du XXe siècle

Soutenu par le ministère de la Culture, le second grand projet de réhabilitation des donjons a duré dix ans. La ville de Falaise en est commanditaire et c’est Bruno Decaris, Architecte en Chef des Monuments Historiques, qui prend le dossier en charge.
Le contexte lié à la restauration est différent de celui rencontré un siècle plus tôt. L’état général du bâti appelle une nouvelle restauration mais il est question cette fois de redonner au monument sa lisibilité, ceci afin de rétablir les fonctions d’origine des donjons et permettre aux visiteurs de mieux comprendre les lieux. Le programme est ambitieux, car il doit contribuer à faire connaître au grand public les donjons d’un château souvent méconnu qui demeure cependant l’un des rares vestiges en France de l’architecture anglo-normande.
Conformément à la charte de Venise de 1965, les interventions de l’architecte destinées à remplacer les parties manquantes mettent en oeuvre des techniques et des matériaux modernes. Il s’agit avant tout d’éviter au public de faire la confusion entre l’architecture ancienne et la nouvelle restauration. La réalisation des travaux se fait en plusieurs étapes, la tour dite Talbot est restaurée en 1986 et 1987, les toitures et le gros œuvre en 1992 et 1994, l’avant-corps est réalisé la dernière année, en 1996.
C’est l’élément le plus audacieux de son travail. L’architecte adopte les mêmes principes de restauration que précédemment mais compte- tenu du peu de vestiges qui sont à sa disposition, il choisit d’évoquer la construction sans faux-semblants en mettant l’accent sur la fonction défensive du bâtiment.

Le chantier de la haute cour

Lors des fouilles de la Haute-Cour entamées en 1996, les fossés qui entouraient les donjons ont été décaissés. Les recherches réalisées ont permis d’en retrouver le tracé, ainsi que ceux de la double courtine qui menait vers les donjons.
Un élément important des interventions du XIIIe siècle a été également mis en évidence : la seconde tour, dite « tour sud », qui, avec la Tour de la Poterne encore visible, formait le châtelet d’entrée construit sous Philippe-Auguste. La restauration menée par l’Architecte des Monuments Historiques Daniel Lefèvre est le résultat de longues recherches et d’un parti-pris qui est celui globalement adopté sur le site :
- on restaure à l’identique ce qui peut l’être (traces ou documents suffisamment explicites) - on évoque les parties disparues ou incertaines avec des outils – matériaux et formes –ostensiblement différents de ceux utilisés à l’origine.
On ignore notamment la hauteur réelle de la tour sud, et le chemin sur lequel s’accrochait le mur de la courtine : ces éléments sont donc construits en « gabions » (structures métalliques qui contiennent des pierres sèches) ; de même, faute d’avoir identifié clairement les piles de l’ancien pont et sa configuration, on le remplace par une passerelle métallique suspendue. En revanche, les maçonneries de la contrescarpe Est, encore très lisibles, ont été restaurées à l’identique.

La restauration des remparts

Cette dernière phase de la restauration du château n’est pas la moins ambitieuse : il s’agit en effet, non seulement de restaurer les murailles endommagées, mais aussi de mettre en valeur l’image défensive du site. Aujourd’hui, la partie sud de la Basse-Cour est encombrée de remblais (sur 6 mètres de hauteur) : ils camouflent nombre de vestiges bâtis et surtout, ils faussent considérablement la hauteur des remparts, dont seule, la partie supérieure émerge quand on est dans la cour. Il faut donc déblayer, dégager les murs et les tours d’enceinte et restaurer le tout. Les travaux sont d’importance : à ce jour, les études préalables et les premières fouilles ont conforté le projet ; reste à le mettre en œuvre : ce sera l’objet des six prochaines années.

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Le chantier de restauration des remparts est en cours

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